lunes, 1 de diciembre de 2014

LE MANIFESTE DE LIMA Appel à la conscience des puissants de ce monde


Première version ; 22 octobre 2014
Préparé par Pierre Calame - FER

Tous les citoyens de notre unique, irremplaçable et fragile planète, notre « oecos » pour reprendre le terme des anciens grecs pour parler de leur foyer commun, tous nos dirigeants politiques, économiques, spirituels savent :

1- que l’ampleur et l’irréversibilité des interdépendances qui se sont créées entre les êtreshumains, entre les sociétés et entre l’humanité et la biosphère constituent une situation radicalement nouvelle dans l’histoire de l’humanité, transformant celle-ci de façon irrévocable, en une communauté de destin;

2- que la poursuite indéfinie des modes de vie et de développement actuels, accompagnée d’une tendance à limiter ses propres responsabilités, est incompatible avec l’harmonie entreles sociétés, la préservation de l’intégrité de la planète et la sauvegarde des intérêts desgénérations futures;

3- que l’ampleur des changements aujourd’hui nécessaires est hors de portée de chacun de nous et implique l’engagement de toutes les personnes et de toutes les institutions publiques ou privées;

4- que les modalités juridiques, politiques et financières de pilotage et de contrôle des institutions publiques et privées, en particulier celles dont l’impact est mondial, ne les incitent pas à assumer pleinement leurs responsabilités, voire les incite à l’irresponsabilité;

5- que la conscience de nos responsabilités partagées vis à vis de la planète est une condition de survie et un progrès de l’humanité;

6- que notre co-responsabilité, au delà des intérêts légitimes de nos peuples, est de préserver notre planète unique et fragile, en évitant que des déséquilibres majeurs n’entraînent des catastrophes écologiques et sociales affectant tous les peuples de la terre;

7- que la prise en compte de l’intérêt d’autrui et de la communauté, la réciprocité entre ses membres sont les fondements de la confiance mutuelle, d’un sentiment de sécurité et du respect de la dignité de chacun et de la justice;

8- que la proclamation et la poursuite de droits universels ne suffit pas à régler nos conduites, les droits étant inopérants quand aucune institution n’a la capacité d’en garantir seule les conditions d’application;

9- que ces constats nécessitent l’adoption de principes éthiques communs inspirant les conduites et les  règles des dirigeants et des peuples.

Mais que font les dirigeants politiques du monde de ces constats ? Comment assument-ils leurs responsabilités communes ? Ont-ils su créer les régles et les outils  juridiques nécessaires pour que les Etas,  les entreprises, les institutions financières, les centres de recherche assument une responsabilité à long terme à l'égard des conséquences de leur action ou de leur inaction ? Ont-ils mobilisé les intelligences et les énergies pour transformer notre économie en oeconomie, en inventant  les règles de gestion de notre oecos, de notre maison commune, permettant d'assurer le bien être de tous dans le respect des limites de la planète ?

Ont-ils eu le courage, l'audace, l'imagination et la ténacité nécessaires pour doter l'humanité d'une gouvernance de notre oecos à la hauteur de l'urgence et de la complexité des défis qui l'assaillent ? A quoi servent tous ces prix Nobel, ces universités prestigieuses, ces recherches scientifiques coûteuses s'ils ne contribuent pas à cette invention dont dépend notre survie ? S'ils se contentent d'alimenter une machine économique, scientifique et financière qui n'agit plus qu'au service d'elle même et d'un modèle de développement qui nous conduit à la catastrophe, à la ruine de notre biosphère et finalement à la guerre ?

Vous, les puissants et savants de la terre, qui demandez que l'on vous fasse confiance pour décider de notre destin commun, qu'avez vous fait pour mériter cette confiance ? Avez vous assumé vos responsabilités à l'égard de l'humanité et à l'égard de la planète ? En avez vous même pris conscience, tant votre regard est à courte vue, tant vous êtes préoccupés par vos électeurs, par vos actionnaires, par l'avis de vos pairs ?

Rien n'est plus commun à l'humanité que le climat. Nous y baignons à chaque instant, notre vie en dépend. C'est un bien commun de l'humanité, de l'oecos. C'est ce qui nous unit tous et que nous devons apprendre à gérer ensemble. C'est ce qui contribue à faire de nous une seule et même communauté, au delà de toutes nos différences, de toutes nos méfiances, de toutes nos rancoeurs, de toutes nos ignorances.

Notre oecos, ce n'est pas de consommer tous les mêmes produits stndardisés, d'éconter tous la même musique, de contribuer tous à l'enrichissement des mêmes grandes places finacières, notre oecos c'est le climat. Et qui avez vous chargé de préparer un accord entre les peuples de la terre, un accord en notre nom sur la manière de gérer le climat?

Des Ministres des affaires étrangères ! Des ministères des affaires étrangères dont la seule  mission est d'opposer les intérêts nationaux les uns contre les autres ?Vous avez transformé la gestion du climat, qui devrait nous unir, en un motif de division entre nous. Vous avez, depuis plus de vingt ans,  maquillé votre co-responsabilité à l'égard de la planète et de l'humanité en des « responsabilités communes mais différenciées » qui ont justifié que chacun attend que l'autre s'engage le premier. Etes vous conscients que cela s'appelle en droit l'inertie fautive ? Qu'à jouer avec les mots vous avez transformé vos rencontres en crime en bande organisée ?

Prenez conscience de l'état où nous  conduit votre myopie,  cette énergie que vous dépensez  non à assumer les responsabilités revendiquées en vous présentant à nos suffrages ou en prenant le pouvoir mais pour vous préparer au contraire à plaider non coupable, à prétendre ignorer les conséquences irréversibles de votre inaction, à dissimuler le pillage de la planète sous la souveraineé des peuples, à financer des lobbies capables de nier avec effronterie les évidences du changement climatique, à vous dédouaner d'avance de votre inertie et de votre manque de courage collectif.

Qui se lèvera parmi vous pour être l'avocat des peuples, l'avocat d'une planète sans défense, quand il n'y a ni droit international de la responsabilité, ni cour de justice pour plaider leur cause, ni moyen de sanctionner de façon dissuasive les comportements irresponsables ?

Le changement climatique menace les iles du Pacifique de disparaître, menace le Bangladesh d'écocide et de génocide, et tant d'autres régions du monde de catastrophes climatiques mettant en péril des peuples entiers. Qui plaidera leur cause ? Devant quelle cour de justice ? Au nom de quel droit international ? Quelles condamnation obtiendront-ils de  ceux qui auront été coupables de non assistance de planète et de peuples en danger, d'irresponsabilité, de  manque de courage et d'inertie.A ces questions vous vous êtes arrangés pour qu'il n'y ait pas de réponse.

S'ils vous plait, ne nous dites pas que vous ne savez pas quoi faire, que les questions sont trop complexes pour être à votre portée. Si vous ne le savez pas, nous allons vous le dire ! Vous allez voir, c'est très simple.

I-. Vous devez adopter d'urgence une Déclaration universelle des responsabilités humaines. Elle  devra fonder les relations entre les Etats et les peuples, sera promue auprès de tous les secteurs de la société, sera la base du  droit international de la responsabilité indispensable pour assumer nos interdépendances et faire de nous, peuples de la terre, une communauté de destin. Vous vous engagerez à la transposer dans la Constitution des Etats et dans les droits nationaux. Cette déclaration énoncera huit principes :

1. L’exercice par chacun de ses responsabilités est l’expression de sa liberté et de sa dignité de citoyen de la communauté mondiale;

2. Chaque être humain et tous ensemble ont une co-responsabilité à l’égard des autres, de la communauté proche et lointaine, et à l’égard de la planète, en proportion des avoirs, du pouvoir et du savoir de chacun.

3. Cette responsabilité implique de prendre en compte les effets immédiats ou différés de ses actes, d’en prévenir ou d’en compenser les dommages, que ceux-ci aient été ou non commis volontairement, qu’ils affectent ou non des sujets de droit . Elle s’applique à tous les domaines de l’activité humaine et à toutes les échelles de temps et d’espace.

4.Cette responsabilité est imprescriptible dès lors que le dommage est irréversible.

5. La responsabilité des institutions, tant publiques que privées, quelles que soient les règles qui les régissent, n’exonère pas la responsabilité de leurs dirigeants et réciproquement.

6. La possession ou la jouissance d’une ressource naturelle induit la responsabilité de la gérer au mieux du bien commun.

7. L’exercice d’un pouvoir, nonobstant les règles par lesquelles il est dévolu, n’est légitime que s’il répond de ses actes devant ceux et celles sur lesquels il est exercé et s’il s’accompagne des règles de responsabilité à la hauteur du pouvoir d’influence exercé.

8. Nul ne peut s’exonérer de sa responsabilité au nom de son impuissance s’il n’a fait l effort de s’unir à d’autres ou au nom de son ignorance s’il n’a fait l’effort de s’informer.

II- Vous devez, avec notre argent, l'argent de nos impôts, financer la tenue avant la COP21, avant la conclusion d'un nouvel accord mondial sur le climat, d'une Assemblée mondiale de citoyens.

Vous chargerez de son organisation les villes et régions du monde qui contribuent à construire une mondialisation horizontale, une mondialisation en réseau et non une mondialisation, hiérarchisée, emboitée, inégale comme c'est le cas avec les Etats. Car c'est au niveau des villes et des territoires que l'on peut conduire la transition vers des sociétés durables dans ses trois dimensions sociale, économique et écologique. Vous leur demanderez de constituer des délégations reflétant la diversité des groupes socio-professionnels.

Les villes et régions qui participeront à cette assemblée mondiale de citoyens seront celles qui auront accepté de susciter en leur sein un débat démocratique pour préparer l'Assemblée, qui auront adopté les principes dela déclaration universelle des responsabilités humaines et se seront engagées à conduire en leur sein la transition vers de ssociétés durables.

L'organisation de l'Assemblée sera interactive pour lui permettre de refléter la diversité des points de vue et d'élaborer des propositions dans tous les domaines d'intérêt commun.

Vous demanderez à la France, pays hôte de la COP21 et de la signature du nouvel accord mondial sur le climat, d'accueillir cette Assemblée, en mobilisant dans cet accueil ses différentes villes et régions pour permettre des travaux décentralisés. Et si la France refuse cette proposition, vous rechercherez en votre sein un pays prêt à l'accueillir.

Vous vous engagerez à prendre en considération les propositions issues de cette Assemblée, comme l'expression d'un pouvoir de proposition de la Communauté mondiale en émergence, face aux intérêts divergents des Etats.

III- Vous devez maintenant fixer la quantité d'émissions maximum admissible de gaz à effet de serre  et en particulier de dioxyde de carbone au niveau mondial et un plan de réduction de cette quantité sur vingt cinq ans pour parvenir à partir de 2040 à des émissions annuelles compatibles avec une stabilisation du climat.

C'est la capacité d'absorption par la biosphère des quantités émises  qui permet cette quantité d'émissions. Et cette capacité appartient à tous, et ne peut pas comme c'est le cas actuellement être capturée au seul profit des pays, des territoires, des activités et des personnes qui consomment plus d'énergie fossile que leur juste part. Tirez en vous mêmes la conclusion. La base de tout accord climatique efficace et juste est la répartition de quotas d'émission de gaz à effet de serre entre chaque pays et territoire, puis au sein des territoires entre les personnes et les avctivités économiques, ce qui fait que l'énergie fossile devient une monnaie à part entière, émise chaque année en quantité limitée, distribuée également entre veut consommer plusque sa part  doit racheter à d'autres.

Rien à voir avec le système actuel de distribution de quotas, bien trop abondants, à des grandes entreprises qui s'exonèrent facilement des efforts à faire en achetant à d'autres des droits à émettre.

La généralisation des quotas territoriaux et la réduction chaque année au cours des vingt cinq ans à venir de ces quotas obigera à suivre l'utilisation d'énergie tout au long du cycle de production, de consommation et de recyclage des biens. Avec c esystème, chacun, ce qui est devenu très facile avec la généralisation des monnaies électroniques, y compris dans le spays le splus pauvres, gérera deux monnaies : la monnaie « travail » et la monnaie « énergie fossile ». Et vous découvrirez alors combien il sera faciel de relancer l'économie, dans ses dimensions positives -le recours à la créativité et au travail humain pour répondre aux besoins des hommes- sans impact négatif sur la planète, ce qui est impossible aujourd'hui.

IV- Arrêtez de dire qu'avec la crise des finances publiques tous les beaux engagements sur la constitution d'un fonds vert mondial ne peuvent être suivis d'effet ! La solution est très simple. L'essentiel de la production d'énergie fossile, charbon, pétrole, gaz, gaz de schiste est concentrée sur des sites d'extraction et les quantités sont parfiatement connues. Prenez la décision qui s'impose : une taxation mondiale à la source de l'émission d'énergie fossile, dont le taux croîtra chaque année si nécessiare, et dont le produit ira à un fonds mondial d'accompagnement de la transition vers des sociétés durables.

V- Nous sommes d'accord sur le sbénéfices possibles du commerce mondial. Mais pas sur les bases actuelles qui sont celles du « moins disant environnemental ». Vous voyez bien que le préambule du traité de Marrakech qui instaurait l'OMC et qui mentionnait dans ses exigences le développement durable n'a pas été respecté. Prenez l'engagement, dans les cinq ans à venir, de réformer les rèbgles de l'OMC pour mettre la notion de filière durable au cœur des principes du commerce international. Vous serez étonnés vous mêmes de l'impact de cette décision, du nouveau flux d'innovations techniques, sociales et économiques qu'elle engendrera.


martes, 28 de octubre de 2014

Víctor Jara y yo (a propósito de su homenaje en Lima)

La primera vez que escuché un cassette con canciones grabadas de Víctor Jara yo tenía 16 años, y tras escuchar los primeros diez minutos revisando las canciones, me sorprendió que hubiera música tan fea, tan extraña, me pareció incomprensible que a alguien pudiera gustarle.

Era 1980, y yo era en sentido sociológico hijo de la dictadura de Pinochet. De familia pobre, marginal, sin ninguna militancia ni interés político, más allá de la lucha por la sobrevivencia que llena la vida de los muy pobres, yo había crecido y sido formado en ese mundo sombrío, disciplinado, represivo, silencioso, asustado y sin memoria, que era el Chile bajo dictadura.

Desde el golpe de 1973 y hasta 1979, habían transcurrido años de intenso terror de estado, una de cuyas primeras víctimas fue Víctor Jara, y el exterminio físico de los miles de cuadros del movimiento social y político popular que había tomado décadas formar, muchos de ellos en heroica resistencia. 

Yo, como millones de mi generación, crecí ignorándolo o teniendo apenas una vaga y relegada visión de que algo grave había ocurrido y era mejor no meterse en eso. No había, ni se sabía de nada parecido a la democracia, los partidos o tan siquiera discusiones cotidianas que hablaran de política.

Para 1980, sin embargo, el pueblo chileno renació de sus cenizas y comenzaron las primeras protestas masivas en las calles. Vertiginosamente, como un reguero de pólvora que se enciende, “la política”, como se decía en esa época a la resistencia, se extendió por barrios y colegios.

Al principio con mucho miedo y desconfianza, pero finalmente movido por una vaga certeza de que era mejor arriesgarse y protagonizar algo que seguir mi destino social, marcado para la  exclusión, falta de oportunidades e insignificancia, comencé a hablar con “los políticos”, a discutir y razonar con ellos, a recibir y leer sus libros y escuchar las nuevas y extrañas músicas que me pasaban.  

Los libros y las canciones “comunachas”, esa era la palabra despreciativa generalizada en dictadura para todo lo de izquierda u oposición al régimen, estaban literalmente prohibidas por ley y eran un delito castigado con cárcel y, era un secreto a voces, la tortura o la muerte. Lo serían todavía hasta 1983. 

No recuerdo bien, pero a mí me parece que la primera grabación en cassette que me pasaron fue la de Víctor Jara, un “compañero cantante, al que mataron los milicos”; recuerdo que eran sus canciones clásicas más conocidas. Yo nunca en mi vida había escuchado a un cantante solo con su guitarra, tocando melodías que no fueran las de moda y menos hablando de algo más que unas cuantas frases de amor refritas. Como dije, me pareció tan extraño y tan feo ese canto que lo saqué luego de diez minutos y lo devolví sin hacer comentarios.

Durante toda mi vida hasta ese momento, mi universo cultural se reducía a muy pocos elementos. Las eternas músicas populares de boleros y cumbias, típicas de los pobres en esa época. En las radios, la única música en español era romántica y de modas bailables ligeras. Unas cuantas FM sólo trasmitían música en inglés todo el día, todos los días. En el colegio, era obligatorio aprender y cantar los himnos de las fuerzas armadas, algunos de los cuales llegaron a gustarme sinceramente. El “folclor” chileno era apenas un conjunto de canciones insípidas cantadas por “Los Huasos Quincheros”, una especie de grupo oficial cómplice de la dictadura. Recientemente, habían llegado al barrio, al igual que en todos los barrios populares de Santiago, las primeras máquinas de juego electrónico, en torno a las cuales pasábamos todos nuestros ratos libres.    

Sin embargo, para cientos de miles de esa generación la conciencia política y la sensibilidad artística se desarrollaron con la velocidad de la luz. Apenas en unos meses, y producto del incendio de rebelión que recorría el país, nuestros barrios y colegios, pasamos de ese marasmo sin horizontes a la militancia y a la resistencia, a la formación política y muy especialmente cultural.

Antes de un año, yo conocía bien y escuchaba a diario casi toda la obra de Víctor Jara y de otros grandes artistas populares prohibidos. Sus canciones jugaron un rol tan o más importante que los teóricos revolucionarios cuyos libros devorábamos con la avidez de los condenados a muerte.

A través de sus canciones, de libros testimoniales como el clásico “Canto Truncado” de su compañera, y de entrevistas y reportajes leídos en las primeras Revistas culturales permitidas como “La Bicicleta”, Víctor fue de hecho un compañero cotidiano y un maestro político y cultural para mi generación.

El segundo encuentro

Con los años, mi formación política más crítica y, ahora lo sé, el dolor que la tragedia de mi pueblo sedimentaba en mi corazón, llegué también a discrepar y criticar virulentamente a Víctor. Él era militante del Partido Comunista, partido que había apostado a la estrategia de ceder ante la derecha para detener el inminente golpe de estado.

Víctor es detenido tras el golpe en la Universidad Técnica del Estado (hoy Universidad de Santiago), donde trabajaba como docente. Curiosamente, el golpe de estado se anticipó para ese día 11 de septiembre porque el Presidente Allende anunciaría públicamente, en un acto justamente en esa Universidad y donde cantaría Víctor, un plebiscito de consulta de continuidad o no de su gobierno para superar de manera pacífica e institucional la grave crisis generada por el golpismo en marcha.

Allí, los trabajadores y estudiantes se concentraron a esperar a ver qué ocurría y qué podían hacer, y la resistencia no era una opción; por el contrario, el gobierno popular del Presidente Allende había concedido en el congreso la infame “ley de control de armas” que permitió preparar el golpe a los militares, reprimiendo duramente a los sectores populares organizados.

A los ojos de mi generación militante, a una década de distancia y horror, formados en la clandestinidad y la resistencia, eso nos parecía cuando menos una ingenuidad, y hasta llegamos a decir cosas peores, de manera inmadura, irresponsable e injusta.

Por supuesto, más tarde, como parte de mi crecimiento, comprendí lo ligera que era esa crítica. Ciertamente, sigo creyendo que hubo errores y que debemos sacar lecciones de ello, pero sin perder nunca de vista lo complejo, y sobre todo atado a su contexto histórico, que son los procesos revolucionarios reales -no teóricos- y que no se puede tan fácilmente mirar desde el futuro para pedir al pasado que supiera lo que hoy sabemos.

El tercer encuentro            

Avanzando en el tiempo y en el crecimiento personal, tuve lo que llamo mi tercer encuentro con Víctor. Con mi percepción más abierta, conocí, reflexioné y aprendí todavía mucho más de él. Pude llegar a comprender perfectamente porque él es una de las personas destinadas a ser arquetipos, símbolos de lo trascendente para los pueblos y para toda la humanidad. 

Ante todo, me impresiona la ternura perenne, invencible, de su creación, de sus actos, de sus actitudes. Incluso en sus expresiones más militantes y de controversia, esa ternura lo impregna todo. Cuando me detengo con atención en esa ternura, siento como si de verdad hubiera escuchado y pudiera recordar la sonrisa ancha con que casi siempre aparece en sus fotografías y vídeos.

Artísticamente, Víctor hizo, a mi juicio, lo que otros hicieron en la política de su época, reconoció, dio voz y representó, trajo al escenario e hizo conciente, a sectores sociales que no eran tomados en cuenta hasta entonces, incluso por la izquierda tradicional: los pobres y marginales del campo y la ciudad.

Se lo permitió su temprana biografía campesina marginal y la influencia de Violeta Parra, entonces una desconocida o despreciada para la mayoría del país, pero que Víctor conoció y de la que aprendió decididamente.

También influyó en ello, y a contramano de ciertas rigideces de la izquierda de la época, un rasgo que lo conecta a lo hondo de las clases más populares; su obra tiene un profundo sentimiento religioso cristiano, crítico de la iglesia católica cómplice de las injusticias, pero al mismo tiempo llena de alusiones bíblicas y compañera de la iglesia de la liberación, como expresa por ejemplo su famosa “Plegaria a un labrador”.     

No fue su única excentricidad para la izquierda tradicional de la época. La genialidad y sensibilidad artística de Víctor le permitió estar a la vanguardia en superar prejuicios propios de la inmadurez del movimiento revolucionario de entonces, como los que rechazaban las manifestaciones de la música rock por considerarla ajena e imperialista, “una flor transplantada” como escribió despectivamente una revista de izquierda del momento contra nada menos que el grupo Los Jaivas.

Víctor fue el primero y el que llegó más lejos (porque hubo otros cantores jóvenes en la misma línea, como Patricio Manns y Angel Parra), en romper con esa limitaciones erradas y fue amigo personal del grupo  Los Blops, uno de los fundamentales históricos del rock chileno, cuya canción Los Momentos es uno de los himnos populares del país.

Víctor usó a Los Blops como banda de acompañamiento en su famoso disco “El derecho de vivir en paz”. Y Los Blops, impactados por el horror de su muerte le escribieron su canción “Sambaye”, en la que, según han declarado, inventaron una especie de idioma sin significado y con metáforas de los sueños porque literalmente no sabían cómo decir lo que significó para ellos el asesinato de Víctor y lo que estaba pasando.   

El último encuentro, por ahora

Ahora, con motivo de cumplirse 41 años de su asesinato, compañeros peruanos me han invitado a reseñar a Víctor en un acto homenaje que le harán en Lima. La sabiduría ancestral de los pueblos mayas nos habla de círculos que se cierran, de coincidencias del tiempo, las cosas y las personas plenas de significado y sentido. Y así asumo esta invitación. Lo considero mi nuevo y último encuentro con Víctor, por ahora, porque para mí Víctor sigue creciendo y yo espero seguir creciendo, al menos algo más, también. 

Fue aquí, en Perú, donde Víctor Jara grabó la que es su última actuación en vídeo para la TV peruana, en julio de 1973. Mi amigo y compañero, el trovador Jorge Millones, me ha contado que la grabación original se salvó apenas de que la borrarán para grabar encima un partido de fútbol durante la dictadura de Fujimori.

En esa ocasión, Víctor estuvo en Lima, en Cusco y en Ayacucho, donde habló de la batalla de Ayacucho, que rompió la dependencia colonial con España, y de cómo en el Chile de entonces se quería a Velasco Alvarado.  El gran maestro compositor peruano, Manuel Acosta Ojeda, me relató su conversación telefónica con Víctor en esa ocasión, un diálogo entre gigantes de la ética y la sensibilidad popular.

Plenamente conciente del peligro, como lo muestran sus entrevistas, Víctor decidió regresar a Chile para enfrentar su destino de la única forma que sabía, con ternura, con fe y con consecuencia.   

En Chile, hoy, una lenta, demasiado débil y tardía justicia está procesando a algunos de los implicados más directamente en su asesinato. Es todo un símbolo de esa democracia misma que tras una larga y dolorosa lucha conquistó, a medias, muy a medias, el desangrado pueblo chileno.  Y todo un símbolo de que esa la lucha por la democracia continua y avanza.

Feroces puertas blindadas todavía persisten en cerrar al pueblo las grandes alamedas, pero las nuevas generaciones, con el alma llena de banderas y canciones, no cesan de patearlas con coraje y belleza. Víctor sigue alimentando y formando a esas nuevas generaciones, como hizo con la suya y con la mía.

Gracias, Víctor.          

sábado, 18 de octubre de 2014

CONSTRUCTORES DE REPÚBLICAS AÉREAS

Aunque Simón Bolívar como guerrero y estratega peleó más batallas y en una extensión más grande de tiempo y terreno que todos sus antecesores y contemporáneos, incluidos Alejandro Magno y Napoleón Bonaparte, y a diferencia de éstos, no lo hizo para conquistar sino para liberar pueblos, también se dio tiempo y evidenció el genio de, al mismo tiempo, pensar y escribir una obra intelectual y política de alrededor de 10 mil páginas.

En ella, entre múltiples otros aportes vigentes e imprescindibles para las actuales luchas de emancipación de los pueblos, están sus reflexiones sobre lo que él llamó, en una célebre metáfora que pasaría a la historia, “las construcciones de repúblicas aéreas”.

Esa reflexión, la elabora Bolívar en 1812, como balance de la caída del segundo intento de gobierno independentista en Venezuela (y varios otros países Latinoamericanos), en un documento fundamental y, lamentablemente, todavía en muchos casos vigente: el “Manifiesto de Cartagena”.

En ellos, no se deja arrastrar por el desánimo propio de la dura derrota que llevó a tantos otros a recriminaciones nubladas por el resentimiento y las atribuciones de culpabilidades personales, sino que se pone por encima para describir y criticar procesos y métodos causantes de un revés que, aunque innegablemente grave, considera inapelablemente transitorio.

Refiere centralmente a un problema que no tiene soluciones fáciles, pero que exige antes que nada tomar conciencia de él para reflexionarlo seriamente y abordarlo. Es la tensión y la búsqueda de un equilibrio eficaz entre el ímpetu revolucionario que lucha por romper lo viejo y avanzar a la construcción de lo nuevo, pero sin desbarrancarse en el abismo, demasiado tentador para algunos, de elaborar propuestas tan atractivas intelectualmente como sin piso real para realizarse, que terminan perjudicando de hecho y gravemente la lucha por el cambio.

Se trata de una tendencia, casi irrefrenable en ciertos sectores revolucionarios, a confundir realidad con deseos y dedicarse a trazar los más elevados y perfectos planes de construcción social y política, tan irrealizables en las prosaicas, limitadas e imperfectas circunstancias de la realidad, como perjudiciales para librar las batallas y alcanzar las metas, más limitadas e imperfectas pero urgentes del momento.

La “construcción”

Entre los aspectos más centrales de estas corrientes aéreas estaba el de la perfección de los métodos y las propuestas, elaboradas en las cabezas y los escritos de intelectuales y que así, en el mundo platónico de las ideas, eran innegablemente válidas y deseables, pero que no contaban con piso real para realizarse en la conciencia y las condiciones materiales de las mayorías, o de siquiera en parte significativa de la población.

Dice Bolívar en su balance: “Los códigos que consultaban nuestros magistrados no eran los que podían enseñarles la ciencia de la práctica…, sino los que han formado ciertos buenos visionarios que, imaginando repúblicas aéreas, han procurado alcanzar la perfección política… Por manera que tuvimos filósofos por jefes, filantropía por legislación… y sofistas por soldados”.

Cuando urgía ganar en la conciencia de las mayorías y en la realidad material los mínimos necesarios de apoyos para formar ejércitos, librar batallas, parar y derrotar el avance del enemigo (en ese caso, el español), se malgastaron tiempos y esfuerzos en grandes y hermosas propuestas programáticas y de métodos, que la inmensa mayoría no compartía o ni siquiera comprendía; el resultado fue la más aplastante derrota.  

Otras realidades

Muchas de estas propuestas aéreas, o eran tomados de ideas de filósofos, o de otras realidades absolutamente diferentes de las propias, como lo describe Bolívar: “Con estos antipolíticos e inexactos raciocinios, fascinaban a los simples pero no convencían a los prudentes que conocían bien la inmensa diferencia que hay entre los pueblos, los tiempos y las costumbres de aquellas repúblicas y las nuestras”.

Frente a este deslumbramiento por logros hechos por otros pueblos, en otras realidades muy diferentes y en otros niveles de conciencia, Bolívar concluye llamando a poner los pies en la tierra, a través del análisis serio de la propia realidad, señalando que toda propuesta “es preciso que… se identifique, por decirlo, así al carácter de las circunstancias, de los tiempos y de los hombres…”.

El sectarismo

Otro rasgo que Bolívar identifica en estas construcciones aéreas es el sectarismo de sus propulsores y su disposición irresponsable a sacrificar los objetivos vitales e inmediatos de la lucha en pos de sus propuestas. Es el caso, en esa segunda república, de las elecciones democráticas para elegir autoridades, que dada las realidades de atraso en la conciencia de las mayorías y de irresponsabilidad de los líderes de facciones, terminaron sembrando de hecho un proceso de divisiones incontrolables en el campo patriota: “Los unos son tan ignorantes que hacen sus votaciones maquinalmente, y los otros tan ambiciosos, que todo lo convierten en facción… el espíritu de partido decidía en todo, y por consiguiente nos desorganizó más de lo que las circunstancias hicieron”.

Mientras que algunos, arrastrados por el desánimo y los resentimientos, llegan a “celebrar” la derrota patriota y el triunfo del enemigo, redoblando su actividad para acentuar esas divisiones, Bolívar al contrario señala: “Nuestra división, y no las armas españolas, nos tornó a la esclavitud… las facciones internas… en realidad fueron el mortal veneno que hicieron descender la patria al sepulcro”.

Instrumento

Con este análisis como instrumento útil, Bolívar logró superar ésa y otras futuras graves derrotas y desarrollar la conciencia de mayorías y las condiciones materiales mínimas para derrotar finalmente al dominio colonial español.


Entregando además un proyecto de soberanía, justicia y unidad continental que, en lo esencial, aún hoy guía las luchas y procesos emancipatorios latinoamericanos. 

jueves, 9 de octubre de 2014

Del Taqui Onkoy al hip hop. A propósito del taller musical de los movimientos

“En la construcción de la utopía andina un acontecimiento decisivo fue el Taqui Onkoy: literalmente, enfermedad del baile. El nombre se originó a consecuencia de las sacudidas y convulsiones que experimentaban los seguidores de este movimiento… los organizadores del movimiento pensaban sublevar a todo el reino contra los españoles. Estamos en el decenio de 1560… En una zona de aproximadamente 150 mil habitantes, los españoles detectaron 8.000 participantes activos… Movimientos similares… eclosionaron en otras localidades que ahora se ubican en los departamentos de Abancay, Cusco, Puno y Arequipa, hasta llegar a 1590 y el Moro Onkoy”.  Son palabras de Alberto Flores Galindo en su extraordinario libro de 1987, Buscando un Inca. Identidad y utopía en Los Andes (págs. 46 y 47).

Refieren al mítico, y al mismo tiempo histórico, Taqui Onkoy, poderoso movimiento de resistencia cultural y política a los invasores europeos que con emocionada belleza cantó el argentino Víctor Heredia (https://www.youtube.com/watch?v=HzQ9-WMUpcU).

Al leerlas me resultó inmediata, automática, la asociación de ese movimiento mítico con el que por estos días lidera Fakir y otros muchachos y muchachas de la Red de Acción Política - RAP, en la Lima urbana, joven y marginal, en resistencia al neoliberalismo peruano.

Cuando miro sus vídeos de hip hop colectivo (https://www.youtube.com/watch?v=aXakewojJFw&index=3&list=PL21D52DEBE064024F), puedo ver, literalmente, en sus bailes los del Taqui Onkoy. En sus mensajes llenos de figuras, entusiasmos y compromisos, tan limpios como indeclinables, se actualiza una misma palabra de rebeldía y justicia, de belleza y pasión.

Lo digo a propósito del 1° Taller de arte musical de los movimientos sociales que realizarán los Movimientos peruanos al alba el primero de noviembre próximo. Un espacio inédito que busca incorporar a la formación política de los militantes de los movimientos el conocimiento, comprensión y amor a las manifestaciones del arte musical en su dimensión de compromiso movilizador.

Una idea compartida por militantes de los movimientos y por músicos, que viene ganando cada vez más fuerza como una necesidad y una potencialidad. Por eso, no considero casual, sino toda una señal, que hace unas semanas me haya tocado conocer una escuela política de la Red de Acción Política - RAP, donde los muchachos terminaron la clase con un hip hop colectivo que me impresionó.

Ahora, RAP y su hip hop serán parte de este taller, dialogando su arte, su compromiso y su vivencia con el canto popular, la trova y el rock peruano, del Trío Los Cholos, Jorge Acosta y Del Pueblo, Jorge Millones y muchos otros artistas, entre ellos, muy especialmente el grupo de  reggae y fusión mexicano CONGAL TIJUANA que vendrá especialmente al Perú para participar de esta experiencia.
      
Será una experiencia de crecimiento espiritual y político, cultural y emocional, entre amigos y compañeros, en los que, no tengo ninguna duda, estarán presentes también, con su danza mística y rebelde, los hermanos del Taqui Onkoy.

jueves, 25 de septiembre de 2014

NELTUME: DONDE LOS MIRISTAS CHILENOS SE HICIERON VOLCANES DE LIBERTAD

Cuando en 1948 la Asamblea de las Naciones Unidas regaló al mundo la histórica Declaración Universal de los Derechos Humanos, su considerando tercero consagró el “supremo recurso a la rebelión de los pueblos” frente a la ruptura del estado de derecho.

En Chile, en 1973, un cruento golpe de estado acabó precisamente hasta con el más mínimo vestigio de estado de derecho. Para 1980, se había vivido la época más oscura del terrorismo de estado en la historia del país.

En 1981, un puñado de militantes del Movimiento de Izquierda Revolucionaria - MIR de Chile, decidió enfrentar el horror y plantar en lo más alto la bandera de la dignidad. Comandados por Miguel Cabrera “Paine”, miembro de la Comisión Política del MIR, un grupo inicial de 15 combatientes regresaron clandestinamente desde el exilio y se prepararon a iniciar un foco de resistencia guerrillera en las montañas de Neltume en el sur de Chile, enmarañado de bosques lluviosos, lagos y largas nevadas en el invierno, con temperaturas que pueden alcanzar varios grados bajo el cero. Eran el Destacamento Guerrillero Toqui Lautaro (DGTL).             

La elección de Neltume obedecía a una larga tradición histórica de resistencia, que empezaba con el pueblo mapuche de la zona y se prolongaba en los sindicatos madereros, que alcanzaron su apogeo de organización durante el gobierno de la Unidad Popular del Presidente Salvador Allende, que no por casualidad visitó la zona. El MIR había jugado un rol activo y determinante en ese apogeo.

Sin embargo, el terror de la dictadura había barrido literalmente con casi todo aquel movimiento y esos cuadros sociales y políticos que tomó décadas formar y acumular. El comando fue detectado antes de tiempo por los servicios de la tiranía y se vio obligado a un repliegue tan sacrificado como heroico. Combatiendo permanentemente contra un feroz y abrumador cerco militar, caminando hundidos en un metro de nieve, casi sin alimentos, resistieron durante varios meses. 

Algunos cruzaron la cercana frontera con Argentina, entonces también bajo dictadura militar y fueron desaparecidos hasta hoy. Otros cayeron en combate en las cercanías de pueblos de la zona, como es el caso de “Paine”, abatido en Choshuenco.
Actualmente, un esfuerzo heroico de agrupaciones de la zona ha logrado rescatar esta memoria popular en hermosos símbolos recordatorios y una casa museo en Neltume, pequeño pueblo de tres mil habitantes. 

Hoy, una nueva concentración latifundista tiene en unas pocas manos casi la totalidad de las propiedades del pueblo y sus alrededores. Signo claro de quienes han ganado, por ahora, esa larga lucha.

Sin embargo, nada se pierde, hasta la más dura derrota es transitoria y sirve para alimentar y acumular conciencias, ejemplos y tradiciones que reverdecerán con toda certeza.

La pérdida de los combatientes de Neltume en 1981 se sumó a la de centenares de cuadros y dirigentes miristas muertos y desaparecidos en las represiones golpistas y las resistencias a la dictadura. Sin embargo, para 1983, cuando el pueblo chileno se levantó en incontenibles protestas masivas, el MIR renació de las cenizas.

Miles de jóvenes, entre 18 y 25 años, ocuparon sus lugares en la lucha por la democracia y la justicia social. Una de las primeras escuelas de formación de esos jóvenes se realizó por esos años en los aledaños de Concepción, ciudad del sur de Chile, relativamente cercana a Neltume. La escuela  se llamó “Miguel Cabrera, Paine”. 


Las montañas de Neltume:


Escultura memorial a los caídos de Neltume:


Placas recordatorias en la escultura memorial:



Casa Museo de la memoria en Neltume:


Salón del complejo maderero en el museo:



Placa de madera que recuerda la visita del Presidente Allende a Neltume, se alojó en la casa que hoy es el musueo de la memoria:



Salón de la violencia política en el museo:


Mural a los cuatro del equipo de exploración de la guerrilla de Neltume:


José Gregorio Liendo, el "comandante Pepe", m´tico dirigente mirista muerto en la resistencia al golpe de estado en 1973:


Miguel Cabrera "Paine", miembro de la Comisión Política del MIR y jefe del Destacamento guerrillero de Neltume en 1981:




Algunos de los materiales históricos expuestos en el museo:





miércoles, 13 de agosto de 2014

MARTÍ CONTINUA NACIENDO

A 157 años de su nacimiento
Cuando en 1952 un joven Fidel Castro era presionado por un tribunal de la dictadura batistiana en Cuba para que revelara de quien era la autoría intelectual de su fracasado (y más tarde legendario y fundacional) ataque militar al “Cuartel Moncada”, respondió que era de José Martí.

En 1967, el Che Guevara, apertura su trascendente “Mensaje a la Tricontinental” con una frase suya: “Es la hora de los hornos, y no se verá más que la luz”.

En 2006, al conocerse en Bolivia el amplio primer triunfo electoral presidencial del dirigente indígena y cocalero, Evo Morales, uno de sus compañeros y voceros, Osvaldo “Chato” Peredo, familiar de los legendarios hermanos Peredo, que murieron combatiendo en el Ejército de Liberación Nacional boliviano del Che, visiblemente emocionado repite a la prensa aquella frase de Martí: “Es un triunfo de todos los bolivianos, y los vientos que corren hoy, son para que el sueño de Bolívar, San Martín, Martí y Che Guevara se cumplan… es la hora de los hornos y no se verá mas que la luz”.  

¿Quién es entonces este cubano universal que habiendo nacido el 28 de enero de 1853 parece continuar naciendo una y otra vez?  

Cerca de cumplirse este 28 de enero próximo 157 años de su primer nacimiento, resulta necesario y urgente conocer algo más de este fantasma que porfiadamente recorre América Latina.  

Poeta

“Mírame, madre, / y por tu amor, no llores: / Si esclavo de mi / edad y mis doctrinas / tu mártir corazón llené de espinas, / piensa que nacen entre espinas flores" (1869).  

“Hijo: / Espantado de todo, me refugio en ti. / Tengo fe en el mejoramiento humano, en la vida futura, en la utilidad de la / virtud, y en ti. / Si alguien te dice que estas páginas se parecen a otras páginas, diles que te amo / demasiado para profanarte así. / Tal como aquí te pinto, tal te han visto mis ojos. Con esos arreos de gala te me / has aparecido.  / Cuando he cesado de verte en esa forma, he cesado de pintarte. / Esos riachuelos han pasado por mi corazón. /¡Lleguen al tuyo !” (1882).    

Conspirador y revolucionario. Exiliado, encarcelado.  

Residente de México, España y Estados Unidos, donde, siendo cubano, representó diplomáticamente a Argentina, Uruguay y Paraguay.  

Teórico del antimperialismo, fundador del Partido Revolucionario Cubano, en cuyas filas murió, finalmente guerrillero, cargando a caballo y revolver en mano contra el enemigo imperial español en las luchas independentistas de Cuba. "Con los pobres de la tierra quiero yo mi suerte echar". Había escrito y lo consiguió. “...Ya nos falta el mejor de los compañeros, el alma podemos decir del levantamiento". Escribió desconsolado el “generalísimo” Máximo Gómez, líder continuador de la lucha.

Heredero explícito del ideario del Libertador, José Martí declara: “…Así está Bolívar en el cielo de América, vigilante y ceñudo, sentado aún en la roca de crear, con el inca al lado y el haz de banderas a los pies; así está él, calzadas aún las botas de campaña, porque lo que él no dejó hecho, sin hacer está hoy; porque Bolívar tiene que hacer en América todavía!” (Discurso a Bolívar. 18 de octubre. 1883).

La independencia mental

Pero no sólo es la admiración, la comunidad de programa y de tarea con Bolívar, es también la comunidad de esa búsqueda radical de independencia de la matriz cultural hegemónica, generalizada históricamente. Recogiendo el legado de Simón Rodríguez y Bolívar, contempla el fracaso de la imposición en las repúblicas americanas del admirado modelo extranjero, tenido por único viable y deseable. “La incapacidad no está en el país naciente, que pide formas que se le acomoden y grandeza útil, sino en los que quieren regir pueblos originales, de composición singular y violenta, con leyes heredadas de cuatro siglos de práctica libre en los Estados Unidos, de diecinueve siglos de monarquía en Francia… el buen gobernante en América no es el que sabe cómo se gobierna el alemán o el francés, sino el que sabe con qué elementos está hecho su país, y cómo puede ir guiándolos en junto… El gobierno ha de nacer del país. El espíritu del gobierno ha de ser el del país. La forma del gobierno ha de avenirse a la constitución propia del país… Las repúblicas han purgado en las tiranías su incapacidad para conocer los elementos verdaderos del país, derivar de ellos la forma de gobierno y gobernar con ellos. Gobernante, en un pueblo nuevo, quiere decir creador” (Nuestra América.1891).

Es la dolorosa colonialidad mental y cultural que será más profunda y más difícil de romper que el colonialismo político y económico. Aún fuerzas de liberación buscarán en otras partes la “guía” foránea, convencidos de la propia incapacidad de crear su propia teoría revolucionaria. En una lógica proverbial inversa, se está pronto y predispuesto a ver la viga en el propio ojo histórico. Lo que actúa como refuerzo cultural para desdeñar y presagiar, en el presente, derrotas de todo intento y toda construcción propia, que no encaje totalmente en los moldes teóricos foráneos reputados como regla inviolable. Martí lo apunta con claridad: “…el afán de progreso en las repúblicas aún no cuajadas lleva a sus hijos, por singular desvío de la razón, o levadura enconada de servidumbre, a confiar más en la virtud del progreso en los pueblos donde no nacieron, que en el pueblo en que han nacido… el ansia de ver crecer el país nativo los lleva a la ceguedad de apetecer modos y cosas que son afuera producto de factores extraños u hostiles…” (Ibíd.).  

Martí adhiere y actualiza la corriente tupacamarista y bolivariana de la primera independencia. Asume la continuidad de la tarea radical e imprescindible. Llama a construir y desarrolla él mismo un pensamiento propio, con respuestas historizadas a las tareas revolucionarias de Nuestra América, “sin calco ni copia”, como dirá después Mariátegui. “La independencia de América venía de un siglo atrás sangrando: ¡ni de Rousseau ni de Washington viene nuestra América, sino de sí misma!... La universidad europea ha de ceder a la universidad americana. La historia de América, de los incas acá, ha de enseñarse al dedillo, aunque no se enseñe la de los arcontes de Grecia. Nuestra Grecia es preferible a la Grecia que no es nuestra. Nos es más necesaria. Los políticos nacionales han de reemplazar a los políticos exóticos. Injértese el mundo en nuestras repúblicas; pero el tronco ha de ser de nuestras repúblicas…Los pueblos que no se conocen han de darse prisa para conocerse… el deber urgente de nuestra América es enseñarse como es… Se necesita abrir una campaña de ternura y de ciencia…Trincheras de ideas valen más que trincheras de piedra” (Ibíd.).  

La imposición por la fuerza militar genocida, las concesiones comerciales y diplomáticas espurias arrancadas u obtenidas a la corrupción de las elites políticas tradicionales, y la ventaja tecnológica, han sido factores, en muchos momentos, decisivos, de la dominación de los diferentes poderes fácticos extranjeros en la región. Sin embargo, es sólo sobre la base de la “aceptación” de la ideología de ese poder fáctico dominante, de la legitimación profunda de su matriz cultural, por parte de sectores significativos, suficientes, de la población local, que ella es sustentable en el largo plazo. Rota aquella legitimidad ideológica cultural, todos los demás factores de dominación, están condenados, a la larga, a la insuficiencia y la derrota. No puede haber liberación política y económica duradera, sino hay liberación mental y cultural.  

Aunque mantuvo independencia y no militó en el marxismo, y era un radical continuador de Bolívar, al que Marx había denostado, sí conoció y admiró explícitamente la obra de éste. Sembraba así el primer antecedente para superar el desencuentro y armonizar ambos idearios. En 1883, Martí publicó un artículo en Argentina en homenaje a Carlos Marx, en el que elogiosamente señalaba: “Karl Marx ha muerto. Como se puso del lado de los débiles merece honor… estudió los modos de enseñar al mundo sobre nuevas bases, y despertó a los dormidos, y les enseñó el modo de echar a tierra los puntales rotos… es llamado el héroe más noble y el pensador más poderoso del mundo del trabajo” (En: Diario La Nación. Buenos Aires, Argentina. 29 de marzo. 1883).  

Sin embargo, también incluye en forma crítica: “Pero anduvo de prisa, y un tanto en la sombra, sin ver que no nacen viables, ni de senos de pueblos en la historia, ni de seno de mujer en el hogar, los hijos que no han tenido la gestación natural y laboriosa” (Ibíd.). Haciendo valer la “gestación natural y laboriosa”, en el “seno histórico” de su pueblo, de la propia lucha anticolonialista y antimperialista; la cual no encontraba instrumentos útiles en la “necesidad histórica” y la misión “civilizatoria” atribuida a la expansión capitalista euro norteamericana en el “Manifiesto Comunista” y los artículos sobre América e India de Marx y Engels.    

Patria

Por otro lado, trasladando, una vez más, ahistoricamente, el concepto de “Patria” de la matriz política europea, donde significaba bandera de expansión imperial capitalista para enfrentar unos pueblos a otros, muchos “socialistas” desconfiaban del concepto de “Patria” usado por los revolucionarios en Latinoamérica, y recogido centralmente por Martí. “Patria” es el nombre de su periódico revolucionario en Estados Unidos, que funda y dirige en 1892. “Patria” la consigna del “Club Borinquen”, formado por revolucionarios cubanos y puertorriqueños, donde es uno de los presidentes honorarios, junto a los también legendarios Ramón Betances y Eugenio de Hostos.         

Se reproducía así, ahora en versión “socialista”, la profunda matriz cultural hegemónica que niega a los nuevos países un rol protagónico y creador en su propia reflexión, en sus propios conceptos y significados, en su propio destino. El discurso político era revolucionario, pero la matriz cultural negadora. Martí responderá: “Se abren campañas por la libertad política; debieran abrirse con mayor vigor por la libertad espiritual” (1884).

Historizado en el contexto propio de la región, el concepto de “Patria” tenía un contenido antimperialista, antioligárquico y de inclusión para las grandes mayorías a la igualdad social y la ciudadanía. Más aún, era indisoluble y militantemente “latinoamericanista”. Es en esa tensión conceptual, que Martí escribe el poema: “…El amor madre a la Patria, / No es el amor ridículo a la tierra / Ni a la yerba que pisan nuestras plantas / Sino el odio invencible a quien la oprime / Es el rencor eterno a quien la ataca” (1869). Recogía y actualizaba así una tradición propia sobre el contenido específicamente latinoamericano del concepto, inaugurado con Tupac Amaru II, “Inca de toda de Sudamérica”. Forjado después al calor de las luchas independentistas y antimperialistas por Bolívar, San Martín, Sucre, Simón Rodríguez y Manuela Sáenz, entre muchos otros. Para los cuales la justicia e igualdad social eran constitutivos esenciales de la Patria por la que se luchaba. “Sin el goce absoluto de ambas: libertad y justicia, habría sido inútil la emancipación” (José Sucre. 1825). Y lo mismo valía para la sustancial dimensión latinoamericana de la Patria. "Lo que sé es que mi País es el continente de la América y he nacido bajo la línea del Ecuador'' (Manuela Sáenz. 1830). 

Justamente, para superar ese porfiado europeismo, ahora bajo forma socialista, en Martí, la Patria es también, necesariamente, rescate de la propia dignidad y la propia capacidad creadora, negadas por la matriz racista y determinista europea, con el acuerdo de elites arribistas locales que confundían el ser moderno con ser, pensar y parecer “extranjero”: “…calle el pedante vencido; que no hay patria en que pueda tener el hombre más orgullo que en nuestras dolorosas repúblicas americanas” (Nuestra América. 1891).  

En América Latina, “Patria” fue siempre un concepto cuyo contenido estaba en disputa. Y si los oligarcas y poderes fácticos extranjeros enfatizaron la “patriotería” como instrumento ideológico para la división y el antagonismo fratricida y debilitante, innumerables amautas, lejos de “abandonarles” el concepto, mantuvieron incesante y argumentada lucha por combatir ese chauvinismo pequeño, y hacer de la “Patria” continentalismo, antimperialismo y justicia social. El propio Martí llama a ese concepto chauvinista de Patria, como “de aldea”, para enfatizar que, ni siquiera pretendiéndolo copiar de Europa puede significar lo mismo, expansión imperial, sino sólo empequeñecimiento propio y de la región, nada más. “Cree el aldeano vanidoso que el mundo entero es su aldea, y con tal que él quede de alcalde, o le mortifique al rival que le quitó la novia, o le crezcan en la alcancía los ahorros, ya da por bueno el orden universal, sin saber de los gigantes que llevan siete leguas en las botas y le pueden poner la bota encima, ni de la pelea de los cometas en el Cielo, que van por el aire dormidos engullendo mundos. Lo que quede de aldea en América ha de despertar. Estos tiempos no son para acostarse con el pañuelo en la cabeza, sino con las armas en la almohada” (1891).         

El “tano” argentino, José Ingenieros, quien en 1922 propone la formación de la “Unión Latinoamericana”, lo llamará “patriotismo chico”: “…el plan más simple de la política yanqui es dividirnos. Los mejores instrumentos para esta labor son las oligarquías criollas, y la palabra mágica para realizarla es la palabra "patria". Patria chica y patriotismo chico, en América Latina, son las Celestinas del imperialismo. Cada cacique, cada tirano, cada oligarquía, cada clase dominante grita patriotismo. Patriotismo significa hostilidad al vecino, odio, xenofobia, nacionalismo provincialista y bastardo. El patriotismo en el Perú, por ejemplo, no es libertar a cuatro millones de esclavos peruanos víctimas de la más horrible explotación feudal desde la conquista española; el patriotismo peruano no es educar un pueblo analfabeto y sacudir de la opresión más vergonzosa a todo un pueblo; el patriotismo peruano es odiar a Chile, gritar histéricamente contra Chile, recordar todos los días que las clases explotadoras de Perú y Chile y Bolivia arrastraron a nuestros pueblos a una guerra fratricida y brutal por sus ambiciones económicas. Desde que yo he nacido, desde que cada muchacho peruano nace, se le enseña a odiar a Chile. Ese es el patriotismo. No importa que el capitalismo peruano y el capitalismo chileno negocien a su gusto y Chile sea el segundo o tercer país comprador de los productos de mi país. No importa que las clases dominantes de ambos países sean amigas.

Lo importante es mantener la división en los pueblos, y mientras el odio inútil entre los dos países, la clase dominante de Chile y la clase dominante del Perú van entregando las riquezas nacionales al imperialismo, van vendiendo el porvenir de sus pueblos, van esclavizándolos con empréstitos… Y el caso del Perú y Chile es el caso de Argentina y Brasil, donde las clases dominantes agitan el "patriotismo" de la patria chica y enardecen el nacionalismo, secundando así los planes imperialistas de dividir para conquistar. ¿Quiénes agitan los celos de Paraguay y Bolivia, Costa Rica y Panamá, Ecuador, Colombia y Perú? …saben bien quienes en América Latina nos dominan que el culto a la patria chica es un culto suicida. Saben bien que dividir nuestra América con odios, es abrir las puertas al conquistador. Lo saben bien desde antes que nuestra generación despertara y les gritara a la cara su traición… El único camino de los pueblos latinoamericanos que luchan por su libertad es unirse contra esas clases, derribarlas del poder, castigar su traición… Acusar y castigar a los mercaderes de la patria chica y formar la patria grande… trabajar para crear la nueva América, la América de la bandera única, la América libertada y justa, cuyo suelo ancho y fecundo ha de ser el mejor hogar para una Humanidad nueva y libre” (1925).

Así nace, justamente, para contrastar con aquella concepción “chica”, el concepto, propio del continente, y que se usa para el continente, de “Patria Grande”. Gabriela Mistral, la amauta chilena, llamará también a elevarse por encima de pugnas fraticidas y suicidas. “Ten la justicia para tu América total. No desprestigies a Nicaragüa para exaltar a Cuba; ni a Cuba para exaltar a la Argentina. Piensa en que llegará la hora en que seamos uno, y entonces tu siembra de desprecio o de sarcasmo te morderá en carne propia” (1922). Ninguno renuncia por ello al concepto de Patria, sino que contraponen otro, uno diferente al de los opresores, propio y útil a los pueblos. Uno donde lo universal es articulado, fundido, con lo propio e irrepetible. Donde ni lo universal niega a lo propio, como ha ocurrido, ni donde tampoco lo propio pretende negar a lo universal. Sólo unos meses antes de morir, Martí escribió: "Patria es humanidad, es aquella porción de humanidad que vemos más de cerca y en que nos tocó nacer… por lo que, de modo especial, allí está obligado el hombre a cumplir su deber de humanidad". Palabras que anticipan la articulación del Che entre el “internacionalismo proletario” y el “tipo americano” en el mensaje a la tricontinental.   

Se forja así una sólida e incontestable concepción propia de Patria, que ya es hegemónica en la región, a pesar de quienes persisten en transplantarle, a la fuerza y contra el sentir de los pueblos, el contenido chauvinista y “chico”, de origen europeo o norteamericano, para después “combatirlo”. “¡Patria o muerte!”, es la consigna de las luchas revolucionarias de la región. Desde Sandino hasta el Che Guevara.  

Dique antimperialista  

Sobre esa concepción, Martí se convirtió en pilar del antimperialismo latinoamericano, o, como diría él mismo: “nuestroamericano”. Sobre todo, en temprano dique y trinchera infranqueable al expansionismo de Estados Unidos. Al cual incluso derrotó en sus propios “foros panamericanos”.  

Con la ejecución en Centroamérica del filibustero Wlliam Walker, Estados Unidos cierra el temprano ciclo de las tentativas anexionistas piratas, “semi oficiales”, al viejo estilo de los corsarios ingleses. A partir de allí diseña y desarrolla una nueva estrategia, más firme y de largo aliento, de carácter institucional, para el establecimiento formal y “legítimo” de su hegemonía en la zona. Gradualmente, a partir de 1880, se implementa una ofensiva diplomática que alcanza su expresión acabada a inicios de 1889 en la “Primera Conferencia de la Naciones Americanas”, celebrada en Washington, con el objetivo de imponer una unión aduanera, un ferrocarril panamericano y el establecimiento de una moneda y un banco de carácter hemisféricos; todo bajo la hegemonía norteamericana, desbancando finalmente la competencia inglesa.